Joyeux Noël… Malgré Tout

 
J’ai l’impression que les plus beaux mots d’amour, ceux qui seraient les plus vraies et les plus réalistes, les plus honnêtes et les plus profonds, seraient : « Je t’aime… malgré tout ! »
 
Car c’est trop facile d’aimer quand le ciel est bleu et sans nuage. C’est plus difficile les jours de pluie et de tempête. Car il faut alors s’aimer sans douceur ni passion, sans retour ni récompense. Dire son amour sous le soleil est important pour l’amour ; mais plus important encore, du moins pour ceux qui s’engagent, c’est de se le prouver durant l’orage.
 
On peut aimer quelqu’un pour toutes ses qualités et ses vertus, pour ses beautés et ses richesses, pour ses atours. Mais on ne lui en fera jamais la preuve irréfutable sans la souffrance et la solitude, sans la pauvreté et le dépouillement, sans les pleurs et l’abandon. C’est quand quelqu’un devient presque plus aimable qu’on sait l’aimer pour ce qu’il est ou ce qu’elle est profondément. On aime ainsi malgré tout.
 
Quand la vie est un peu plus dure et plus triste, un peu moins satisfaisante et moins gratifiante, c’est plus difficile de l’aimer. Quand Noël est plus gris et moins éclatant, plus inquiétant et moins rassurant, on a plus de mal à l’aimer. Parce qu’il est moins un vrai joyeux Noël.
 
Mais ceux qui ont la confiance de l’enfant, qui se rappellent la joie de l’enfance abandonnée dans les bras d’une mère, qui croient en l’espoir d’une naissance isolée, qui comprennent la richesse du dépouillement et la splendeur d’une crèche, ceux-là peuvent se réjouir.
 
Malgré les menaces de guerre ou de récession, malgré le chômage et la faim, malgré l’inquiétude et la déception. C’est le temps de bien aimer et de bien espérer.
 
Allez, il n’y a pas de plus grand moment d’espoir que la nuit de Noël. A cause du mystère de l’amour qui naît. C’est à nous qu’il appartient maintenant de nous bâtir et de nous offrir un joyeux Noël.